Depuis la création du Projet ESPACE en 1978, des programmes de prévention des agressions commises envers les enfants ont été établis dans les écoles de plusieurs pays. L’attitude des parents envers de tels programmes s’est grandement modifiée. Alors que les parents ont jadis mis en question la nécessité de tels programmes et craignaient de voir augmenter les peurs et les bouleversements chez leurs enfants, une recherche récente a démontré que loin de s’opposer à ces programmes, les parents souhaitaient fortement qu’ils soient offerts à leurs enfants (Hébert et al., « Parents’ participation in A Child Sexual Abuse Prevention Programme »).
Le Projet ESPACE est reconnu comme étant l’un des programmes les plus durables et efficaces en matière de prévention des agressions envers les enfants en Amérique du Nord et dans le monde. Les projets ESPACE sont établis dans 250 communautés à travers le Canada, les États-Unis, l’Amérique centrale, l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, le Japon, le Moyen-Orient, l’Australie et l’Afrique. En tant que tel, il a été beaucoup étudié.
Des études qualitatives aussi bien que quantitatives ont clairement démontré l’efficacité du programme à aider les enfants à éviter et résister aux agressions.
Veuillez lire cette belle histoire de
réussite!
Visionnez le témoignage d’une enseignante dans une école dans le nord…
Visionnez le témoignage d’une directrice d’une une école dans le nord…
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Une étude menée par Susan Ko et Merith Cosden à l’Université de la Californie, Santa Barbara (« Do Elementary School-based Child Abuse Prevention Programs Work? A High school Follow-up ») a confirmé ce qui déjà a été démontré par d’autres études :
« La plupart des élèves partagent des connaissances de base au sujet de l’abus, mais les élèves ayant participé à des programmes de prévention des abus ont une meilleure compréhension de situations plus subtiles, mais non moins importantes. Ces situations impliquent l’attribution de blâme, la prise de conscience que les agresseurs peuvent être des proches de la victime, que les garçons et les filles peuvent être victimes, et qu’il est important de reconnaître le besoin de signaler l’abus ». (traduction libre)
L’étude effectuée par David Finkelhor en 1995, démontre que la majorité des enfants d’âge scolaire sont exposés aux programmes éducatifs de prévention contre la violence. Les découvertes de cette étude suggèrent que l’ensemble des réponses des enfants et des parents envers ces programmes sont positives, et confirment les résultats de recherche sur l’évaluation de programmes particuliers (« Victimization Prevention Programs: A National survey of Children’s Exposure and Reactions »).
Une autre étude réalisée par Laura Gibson et Harold Leitenberg (« Child Sexual Abuse Prevention Programs: Do They Decrease the Occurrence of Child Sexual Abuse? », 2000) conclut que les jeunes femmes n’ayant pas participé à un atelier de prévention scolaire au cours de leur enfance étaient deux fois plus susceptibles d’avoir vécu une ou plusieurs expériences d’abus sexuels que celles y ayant participé.
Les réactions positives du personnel, des parents et des enfants ont permis au Projet ESPACE de connaître une immense expansion, et les cas de réussite d’enfants ayant résisté et/ou demandé de l’aide, ont continué de s’accumuler . En fait, de nouvelles communautés ont, la plupart du temps, développé un programme dans leur communauté à la suite des commentaires positifs exprimés par d’autres régions.
Au cours des dix dernières années, un complément d’études de recherche qualitatives est venu s’ajouter aux renseignements déjà recueillis. Voici de brèves descriptions des principales études réalisées par ESPACE.
En 1986, Rene Binder et Dale McNeil de l’Université de la Californie à San Francisco ont mené une étude complète sur les effets du Projet ESPACE auprès de 88 élèves âgés de cinq à douze ans . Ils ont découvert que les connaissances des enfants sur la façon de réagir face à des situations d’abus potentiels augmentaient de façon significative après avoir participé au programme ESPACE. Des entrevues réalisées auprès de parents d’enfants révèlent que ceux-ci étaient beaucoup plus disposés à discuter de situations d’abus sexuel avec leur enfant à la suite du programme ESPACE. Ni les parents ni le personnel enseignant n’ont rapporté de signes d’augmentation de détresse émotionnelle chez les enfants à la suite du programme. Les parents ont signalé une diminution importante du taux de batailles, de plaintes d’abus physique et de comportements de dépendance chez leurs enfants. Après le programme, les enfants ont rapporté se sentir plus en sécurité et plus en confiance pour se défendre.
En 1987, Jeri Smock, étudiant à la « School of Marital and Family Therapy », à l’Université de la Californie, a développé sa thèse de doctorat sur les effets du programme ESPACE sur le niveau d’anxiété et la confiance des enfants . Quatre-vingts élèves de cinquième et sixième année et dix-neuf parents ont participé à cette étude. Celle-ci a révélé que les enfants ayant assisté au programme de prévention ressentaient beaucoup moins d’anxiété en général et envers les inconnus. L’anxiété des parents envers la sécurité de leurs enfants avait énormément diminué après leur participation au programme ESPACE.
En 1987, Mary Kenning et associés de l’Université du Nebraska ont effectué une recherche sur le modèle d’ESPACE et ses effets sur les connaissances et les capacités des enfants à prévenir les abus sexuels . L’étude a été exécutée auprès de 72 élèves de première et deuxième année. L’étude a révélé une importante augmentation des connaissances des enfants sur l’aide à apporter à un ami ou une amie en difficulté, sur la capacité de se confier à un adulte digne de confiance, et sur la possibilité d’agir de façon assertive dans des situations impliquant des touchers inappropriés, soit par des inconnus ou des personnes connues. Les gains les plus importants ont été réalisés en matière de situations impliquant des personnes connues, tant chez les enfants que chez les adultes.
En 1987, une évaluation du Projet ESPACE a également été réalisée à Columbus par David Nibert . Les participantes et participants au nombre de 413 étaient des élèves de la maternelle à la cinquième année. Cette étude a révélé une importante augmentation des connaissances des élèves sur le comportement à adopter devant une situation d’agression, y compris l’augmentation des connaissances de techniques particulières d’autodéfense. La tendance des élèves du programme ESPACE à déclarer qu’elles et ils agiraient passivement ou agressivement lors d’une situation d’agression était moins forte que chez les enfants n’ayant pas suivi le programme ESPACE.
Par exemple, la tendance des élèves à rapporter qu’elles et ils cèderaient aux demandes inappropriées de pairs ou d’adultes et à rapporter qu’elles et ils répondraient aux agressions par la violence gratuite était moins marquée chez les élèves ayant participé au programme ESPACE. Enfin, les élèves ayant terminé le programme ESPACE étaient plus en mesure de rapporter qu’elles et ils pourraient décrire leurs agresseurs de façon plus détaillée.
En 1985, Horace Leake a réalisé une évaluation pour le Women’s Center de San Joaquin County, Stockton, Californie . Les études ont été menées auprès d’élèves de première, deuxième, troisième et cinquième année. Ses découvertes ont démontré l’efficacité du programme ESPACE à développer de façon significative les capacités des élèves à détecter et éviter les situations d’abus et d’agression. Leake a également démontré que le modèle ESPACE enseignait beaucoup plus efficacement aux enfants à prévenir les agressions qu’un autre programme centré sur la présentation d’un film sur la prévention. Leake a laissé entendre que la nature active du modèle ESPACE, basé sur l’expérience directe est beaucoup plus efficace qu’une méthode d’apprentissage centrée sur le visionnement d’un film.